Sculptures Pierre & Bois

Entre forme sculpturale et émotion brute

La pierre d’abord et avant tout pour son aspect brut, et pour donner une impression de minéralité et de dénuement. Partir d’un bloc que la nature ou le hasard ont déjà marqué d’une empreinte, travailler en écoutant la pierre qui peu à peu va l’entraîner vers la réalisation d’une sculpture.

Source d’énergie créatrice, la pierre implique pour moi un rapport intime, primitif et direct, qui stimule mon inconscient tant pour sa force brute, pour sa beauté esthétique et les possibilités de traitement de la matière.

Puis le travail, les gestes précis encore et encore pour souligner les effets de matière obtenus et mettre en valeur les formes.

Alors un dialogue se crée entre la pierre et ses gestes et ainsi apparaît l’œuvre en devenir. Comme un corps fragile qui résiste, se bat, cicatrise sous ses mains.

Dans ses sculptures, il laisse s’exprimer le côté minéral, brut et originel de la pierre, ses mains ainsi jouant le rôle d’accompagnateur afin de retenir « l’intention » du matériau. L’artiste joue avec les aspérités, les couleurs, les failles de la pierre. Dans chacune des sculptures, on retrouve toujours la double face : ombre et lumière, douceur et rugosité, tension et sérénité…

Le bois, son odeur, son veinage

Puis le bois. Pas d’instruments sophistiqués, vous pourrez entendre le crissement de l’outil entrant dans le bois, la frappe de la massette sur l’outil, vous pourrez voir les copeaux jaillir et rouler sur l’établi, sentir le parfum des essences d’arbres et l’artiste transforme un simple bloc de bois en une esquisse artistique. Bluffant.

Le bois est un matériau subtil qu’il faut traiter avec amour, pour que le plaisir qu’il procure soit intense, tant par le côté tactile que par les senteurs qu’il libère continuellement. D’ailleurs les superstitions ne nous poussent-elles pas à « toucher du bois » ? La main ne peut s’empêcher de se poser sur leurs courbes ou de caresser leurs artères végétales. L’imagination fait le reste jusqu’au cœur de la matière.

Pour être peintre ou sculpteur, il faut modifier ses sens… Les inverser de façon à voir avec les doigts, et à toucher avec les yeux, soulignait Thomas H. Cook. 

Matériau délicat selon les essences, offrant à celui qui les connaît des approches différentes selon les projets et les résultats espérés. Pat Méo les maîtrisent parfaitement. Qu’il se révèle matière, source de l’œuvre ou simple support, le bois caressé par l’artiste capte notre regard par ses patines, ses teintes variées, sa nature brute et radicale et la beauté de l’ouvrage réside dans la tendresse posée au creux des mains de l’artiste quand il le sculpte pour qu’il n’y paraisse ni sécheresse ni dureté. Caresser le bois, être en accord en suivant la ligne qu’il montre…

Pour la plus belle patine dans le temps, Il choisit le plus souvent le chêne.
Très résistant et dense, c’est un bois qui nécessite une totale virtuosité du fait des nœuds et autres irrégularités causées par les circonstances atmosphériques. Pat Méo maitrise le cœur, l’aubier, la loupe, les nœuds, racines, tronc, branches, cicatrices de cassures ou de taille de l’arbre.
La particularité de la sculpture sur bois par rapport à la pierre est que le bois est un matériau vivant et non homogène. Le sculpteur sur bois est souvent bridé dans son imagination mais la beauté du matériau apporte un plus incomparable.

Petit à petit, les matières s’assemblent, dans une sorte de dialogue, où chacune a besoin de l’autre pour exister.
Utiliser roche et bois dans le même décor, cela nécessite beaucoup de dextérité et d’expérience, mais lorsque l’artiste mêle les deux matières le minéral et le végétal voilà l’œuvre au dessin très radical et aux lignes pures, projetant la matière au premier plan, une masse et des volumes assumés.
Pat Méo bouscule les perspectives et le résultat est particulièrement saisissant. Cet instinctif et passionné ne recule devant aucune limite pour créer ses sculptures uniques.  Et ce mélange de pierre et de bois démontre aisément la fusion entre la spiritualité et l’émotion. Nul besoin de détail, le trait est épuré ; sans détour ni artifice, ce sont les formes et la matière qui parlent, qui nous parlent.

L’alliance de deux matières naturelles, l’une minérale, l’autre végétale, l’histoire d’une rencontre, d’une imbrication, d’un dialogue entre les deux. Toutes ses œuvres n’intègrent pas le bois, mais même quand il n’est pas là, il semble que la pierre porte son empreinte, sa linéature comme une trame. Il est peut-être là, le fil conducteur du bois et de la pierre, des matières nobles patinées par le temps qui par l’assemblage et la sculpture des formes deviennent sous la main de Pat, actuelles et éternelles, des diamants bruts à la taille des émotions qu’il transmet.

Faire au mieux, capter l’ombre et la lumière.
Cela peut sembler parfois organique, évocation de la courbe d’un corps…Mais l’important est le mouvement et l’émotion qu’il procure à ceux qui regardent.
Par le mélange des textures se crée un équilibre entre abstraction et figuration. Les œuvres sont lisses et tendues, elles dégagent de la douceur, du calme et de la sérénité. Elles forment son vocabulaire sensoriel et artistique, et ce besoin de retourner vers un certain naturel, vers cette exigence d’authenticité.

Ces œuvres remarquables démontrent un talent évident dans la manipulation des matériaux et la technicité du geste.
Et Pat Méo ne cesse d’inventer des formes et des objets pour traduire dans la matière la conscience qu’il porte d’une vie qui le dépasse.

Une parole d’Henri Moore peut faire écho à son travail :

« Le grand et éternel problème est de combiner la forme sculpturale, avec la sensibilité et la signification humaines, c’est-à-dire de conserver la forme primitive avec son contenu humain. »

Faire simple, faire juste…Cette simplicité est un mouvement direct, esthétique et volontaire vers l’essentiel que l’on retrouve d’ailleurs dans son tempérament. Profondément ancré dans son époque, Pat Méo se révèle avec la créativité d’un artiste inspiré et le savoir-faire d’un artisan accompli. L’artiste captive par son naturel omniprésent et signe un travail d’une grande maturité.

Fort d’un apprentissage de plus de 20 ans et d’explorations diverses, il s’oriente naturellement vers l’abstraction alliant plans structurés, formes géométriques dans une recherche de composition rigoureuse et puissante. Le marbre prend sa place, tantôt matériau de la sculpture elle-même ou comme faire valoir du bois de chêne, soulignant l’esthétisme et les formes épurées de l’œuvre pour que l’émotion elle-même s’exprime de la manière la plus authentique possible.

Oublions la mondialisation, les mutations technologiques et la circulation de l’information…Arrêtons-nous sur la simplicité absolue de la forme, la pureté parfaite. 

Dans certaines de ses œuvres, l’équilibre se crée aussi par des recompositions possibles de la sculpture qui se trouve ainsi en mouvement constant, les modulations des éléments étant parfois possibles.

Ses sculptures sont parfois taillées à la serpe, parfois sensuelles, mais dégagent toujours la sensation de mouvement et la force. Elles suscitent la palpation tant mentale que tactile. Si de ses œuvres se dégagent puissance et énergie, c’est pour mieux incarner les ressources inconscientes de chacun.

La sculpture, ce n’est pas seulement de la pierre et du bois travaillés, c’est un message, un rêve qui se concrétise…

D’ailleurs dans certaines cultures, on considère que les sculpteurs sont détenteurs d’une forme de pouvoir mystérieux. Qu’ils soient capables d’imaginer et de rêver, d’envisager et de créer des œuvres leur confère une qualité magique. Ce qui est totalement perceptible dans chaque œuvre de Pat Méo, pour tous ceux qui les regardent.

Pour les œuvres commandées pour espace public

Elles expriment les forces, la poésie et les mystères de la vie…Pour relier l’homme à la nature, l’urbain au paysage et instaurer un espace de rencontre et de communication.